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Nice-Matin

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lundi 05 mai 2008

Cannes : Les dessous de la voie rapide

 Les travaux de la voie rapide ont commencé en 1967 mais elle n'a été inaugurée qu'en 1974 parallèlement à la rénovation de la gare SNCF.  :  A.B.-J Les travaux de la voie rapide ont commencé en 1967 mais elle n'a été inaugurée qu'en 1974 parallèlement à la rénovation de la gare SNCF. : A.B.-J

Que se passe-t-il sous les tonnes de béton de la voie express ? Il y a bien sûr les trains mais aussi quelques surprises à l'abri des regards

La voie rapide traverse la ville sur plus de 2 km. Elle couvre la voie ferrée qui, elle, coupe la cité en deux depuis le 10 avril 1863 lors de l'ouverture de la ligne Marseille/Cagnes-sur-Mer.

Empruntée quotidiennement par des milliers d'automobilistes, traversée à longueur de journées par les piétons, la voie rapide conserve pourtant une part de secret. Qu'est ce qui se passe sous ce mastodonte de béton ?

En premier lieu, il y a les trains. Beaucoup de trains. 157/jour en moyenne. Et puis les passagers. Plus de 3,5 millions par an qui entrent ou sortent de la gare, elle-même située en grande partie sous la voie rapide. Pour accueillir, diriger, contrôler et servir ces 3 millions de visiteurs, une centaine de personnes travaillent quotidiennement dans la gare : 75 agents SNCF auxquels il faut ajouter les prestataires (relais-tabac, croissanterie, vigiles, nettoyage, bagagistes). Les plus chanceux sont proches des grandes portes vitrées en façade du bâtiment. Les autres passent leur temps dans les entrailles de béton. Sur les quais, dans les bureaux ou le long des voies.

Abri pour matériel et pour SDF

Plus surprenant, les rampes d'accès à la voie rapide servent d'abri. Parfois à du matériel municipal comme à l'angle du marché Gambetta mais parfois aussi à des... personnes. En face de la synagogue, Ali Baba, ainsi qu'il se fait appeler, vit sous la rampe depuis deux ans (voir ci-dessous). À l'abri des regards, mais pas du bruit des trains.

À ses côtés, un compagnon d'infortune. Un homme discret que nous n'avons pas pu rencontrer. Et puis, au pied d'un pilier, nettement moins dissimulé qu'Ali, trois personnes passent leurs nuits sur un matelas deux places, recouvert de plusieurs duvets. Ce sont des gens venus des pays de l'est qui ne parlent quasiment pas français. « J'ai régulièrement des nouveaux voisins » raconte Ali, « mais ils ne restent jamais très longtemps. »

Danger

Plus à l'ouest, le long de la rue d'Alsace, il y a la sortie du souterrain piétonnier qui traverse les voies. Là, le long du grillage, les vestiges d'une vie de bohème. Deux chaussures, un jean, une veste et un micro ! Le « propriétaire » semble avoir abandonné ces quelques objets il y a belle lurette. Mais ils demeurent là, à quelques centimètres de la voie.

En se rapprochant du rond-point des Gabres, un grillage découpé prouve les allers et venues clandestins sous la voie rapide. Les piliers, normalement inaccessibles, sont recouverts de tags. Il est pourtant extrêmement dangereux de se promener le long des voies. Pas seulement à cause des trains mais surtout en raison des câbles électriques de 25 000 volts. « A trois mètres, par temps humide, vous êtes mort en moins d'une seconde » met en garde la SNCF.

Ludovic Laurenti
Nice-Matin

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