61e Festival de Cannes
Notre chronique vidéo QUOTIDIENNE !
Le Festival 2008...
Envoyez-nous vos photosUne petite musique : celle des mots qui jouent, qui dansent, qui s'impriment et qui ne prennent jamais rien au pied de la lettre. Dans La copie de Coralie, court-métrage français sélectionné pour la Semaine internationale de la critique, le vocable fait partie des personnages. Car c'est un peu par sa faute si Monsieur Conforme (Serge Riaboukine) a apposé son nom derrière le mot « copie », sur la devanture de son magasin. Une boutique qui a pris place dans les murs d'un Café de la Gare racheté, il y a bien longtemps, sur un coup de coeur.
Un coup de blues plus tard, Conforme va troquer ses rêves photographiques contre une vie de photo... copies. A cause, également, d'une brève de comptoir devenue aussi interminable que ces longues journées passées à reproduire documents et tranches d'existence. Des jours à attendre un amour croisé, puis envolé, il y a 30 ans. Virginie travaille ici. Virginie, alias la chanteuse Jeanne Cherhal, qui tient l'un des rôles principaux de cette mini-comédie musicale. Le seul personnage qui ne chantera pas.
Non-dits et souvenirs
Dans La copie de Coralie, le réalisateur Nicolas Engel se penche sur ces non-dits, ces regrets et ces souvenirs qui s'imprègnent dans les esprits comme l'encre sur les reprographies de Monsieur Conforme. Des réminiscences endormies s'éveillant au gré de chansonnettes interprétées par les acteurs eux-mêmes.
La malicieuse Jeanne Cherhal campe avec justesse une sorte d'Amélie Poulain rose bonbon dans la grisaille ambiante, bien décidée à aider son taciturne patron dans sa quête sentimentale. Une jolie petite histoire rythmée par une mélodieuse mélancolie, qui rend La copie de Coralie originale dans son approche de la spirale des actes manqués, des questions non posées, et des réponses que l'on préfère, finalement, ne pas écouter.