61e Festival de Cannes
Notre chronique vidéo QUOTIDIENNE !
Le Festival 2008...
Envoyez-nous vos photosLa synecdoque (du grec sunekdokhê, « compréhension simultanée ») est une figure de rhétorique qui consiste à prendre la partie pour le tout, le tout pour la partie, le genre pour l'espèce ou la matière pour l'objet. Exemple : « les mortels » pour « les hommes », « le grand écran » pour « le cinéma », « la loi » pour « la justice »...
C'est, apparemment, en s'inspirant de ce mot étrange que Charlie Kaufman, scénariste de Dans la peau de John Malkovich et Eternal Sunshine of the Spotless Mind a conçu l'histoire de son premier film en tant que réalisateur, Synecdoche New York.
Cela donne une bonne illustration du fonctionnement mental de Charlie Kaufman, dont les scénarios sont sans doute ce qui est arrivé de mieux à Hollywood depuis vingt ans.
Soit donc, Caden Cotard (Philip Seymour Hoffman, génial), un metteur en scène de théâtre de la banlieue new-yorkaise, qui prend sa vie pour du théâtre et le théâtre pour sa vie. Bénéficiaire d'une énorme subvention pour le financement de sa prochaine pièce, il s'installe dans un entrepôt gigantesque pour créer l'oeuvre de sa vie.
Tentaculaire
Vingt ans plus tard, il y travaille toujours avec des dizaines de comédiens censés jouer en temps réel les rôles de lui-même et de ses proches. Acteurs, personnages réels, fiction et faits se sont tellement mélangés que le projet est devenu incontrôlable. Il existe, par exemple, quatre versions de lui-même, trois de sa maîtresse, deux de sa première fille... chacune menant leur vie propre sur le plateau et en dehors et inspirant, au jour le jour, le développement d'un scénario tentaculaire.
Encore une histoire de fou ? Effectivement. Mais quel plaisir de s'y laisser entraîner ! On dirait un film de Woody Allen mis en scène par Cronenberg et David Lynch. Malgré quelques longueurs, il méritera d'être revu plusieurs fois pour tout saisir.
Prix du scénario et Caméra d'or possibles.