61e Festival de Cannes
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Le Festival 2008...
Envoyez-nous vos photosLa projection de la veille au soir s'étant terminée fort tardivement, les festivaliers fidèles à la séance du matin étaient encore, hier, sur la digestion du copieux diptyque de Steven Soderbergh sur Che Guevara. Quatre heures trente de guérilla dans la jungle cubaine et sur les hauts plateaux de Bolivie, entrecoupées d'une salutaire pause sandwich (Merci Contrex !).
Cinéaste on ne peut plus éclectique (de Traffic à Ocean's Thirteen, il y a comme un gouffre), palmé pour son premier essai cannois (Sexe, Mensonges et Vidéo en 1989), Steven Soderbergh s'est donc emparé de la geste du Che pour n'en retenir que les années de guérilla.
Le premier film, curieusement intitulé Argentine, se situe avant la prise de la Havane (1959) et prend la forme d'un biopic assez classique, avec sauts temporels, reconstitution d'interviews et images d'archives. Les deux temps forts en sont le discours du Che à l'ONU et la prise de Las Villas, qui précéda et permit celle de La Havane. L'intérêt principal étant, tout de même, de voir comment Benicio Del Toro se coule dans le personnage du Che.
De ce point de vue au moins, c'est parfait. Le nouveau Marlon Brando devrait logiquement avoir (enfin) le prix d'interprétation et/ou l'oscar qu'il mérite depuis longtemps. Pour le reste, ça se discute.
Portait d'un guérillero
Le second film, plus adéquatement baptisé Guérilla, documente la désastreuse campagne de Bolivie (1966-1967) et la fin tragique du Che. Paradoxalement, bien que l'on renâcle un peu à suivre, deux heures durant, le chemin de croix de Guevara et de ses hommes en Bolivie, cette partie est la plus intéressante du point de vue formel. Peut-être Soderbergh aurait d'ailleurs dû commencer et s'arrêter là, puisque, de toute façon, on n'apprend rien qu'on ne sache déjà, ni sur le personnage, ni sur la révolution cubaine. Celle-ci est totalement évacuée ce qui évite sans doute à Soderbergh d'avoir à prendre position. Ne restent, au bout du compte, que la fascination pour le personnage et le portrait d'un guérillero, charismatique mais fragile des bronches.
Cela valait -il qu'on y passe 4 h 30 ? Pas sûr. Cela vaudra-t-il à Soderbergh une deuxième Palme d'or ? C'est tout à fait possible.
Compte tenu des difficultés qu'auront les deux films pour être distribués et vus en salles, le « palmer » sera peut-être la seule solution pour les sauver. Une situation qui n'est pas sans rappeler celle d'Apocalypse Now lorsqu'il fut présenté en 1979 à Cannes. Dès lors, l'enjeu est clair : la victoire ou la mort. Le Che doit en sourire au paradis des guérilleros...