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Nice-Matin

Actualité Alpes-Maritimes

mercredi 14 mai 2008

Nice : la 1re année de médecine à l'aube d'une révolution

 Après le concours blanc organisé fin avril (ci-dessus), des centaines d'étudiants niçois abordent demain les épreuves de passage en 2e année de médecine, pour de bon cette fois. Avec, en toile de fond, le projet gouvernemental de réformer la 1re année d'études, afin d'y enrayer le terrible taux d'échec.  :  Photo François Vignola Après le concours blanc organisé fin avril (ci-dessus), des centaines d'étudiants niçois abordent demain les épreuves de passage en 2e année de médecine, pour de bon cette fois. Avec, en toile de fond, le projet gouvernemental de réformer la 1re année d'études, afin d'y enrayer le terrible taux d'échec. : Photo François Vignola

Ils ne pensent qu'à ça. A ce concours qui a pompé leur énergie pendant un an. Demain et vendredi à Nice, des centaines de candidats se disputent les 136 places à pourvoir en 2e année à la faculté de médecine. Mais loin de leur préoccupation du moment, c'est une petite révolution qui guette les études médicales.

Son prélude est signé Bach. Le professeur Jean-François Bach, chef d'orchestre d'un rapport qui diagnostique les maux de la 1re année de médecine (un taux d'échec de l'ordre de 80 %) et en prescrit les remèdes (lire ci-dessous). Nul ne sait pour l'heure dans quelle mesure il sera suivi d'effets. La plupart des étudiants ignorent jusqu'à son existence. Et pourtant, il fait beaucoup parler...

« Vu tous ces jeunes qui perdent deux ans d'études, il faut réformer la P1 [1re année] », estime Alexander Falk, étudiant en 3e année et représentant à Nice de l'ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine). Un constat largement partagé. Mais le débat porte sur l'ordonnance du docteur Bach.

« Arrêter le carnage »

Sa suggestion de réorienter vers la fac de Sciences, dès janvier, les étudiants aux résultats insuffisants a suscité une bronca à l'ANEMF. « On a obtenu que ce ne soit pas obligatoire, mais conseillé », explique Alexander Falk.

L'idée n'est pas neuve à la fac de Nice qui a instauré il y a deux ans une note-plancher (près de 5/20) en dessous de laquelle on ne peut pas redoubler. Mais l'écrémage serait plus précoce et sévère. Nicolas Weiss, étudiant élu au conseil d'administration de l'Université, estime en tout cas qu'il faut « créer des passerelles vers les autres filières pour éviter un carnage humain ».

Vers une filière pharma

Autre pomme de discorde : l'intégration de la pharmacologie dans un concours... sans kinésithérapie. « Oubli volontaire ? », ironise Fanny Albenque, présidente du Cercle des étudiants kinés niçois. « On a dénoncé ce rapport qui impliquerait des concours privés, donc un coût plus élevé et des disparités entre écoles. On reste les parents pauvres de la santé ».

Or cette idée rebute aussi... les « pharmas ». Dans le Sud-Est, leur filière n'existe qu'à Marseille, et ils entendent y rester. Pourtant, Albert Marouani et Daniel Benchimol, respectivement président de l'Université et doyen de la fac de médecine, veulent ouvrir une filière pharma à Nice. « Plutôt axée recherche que formation », précise Daniel Benchimol. « C'est un projet ambitieux et ce rapport va nous y aider ».

Les premiers effets du rapport Bach étaient attendus à la rentrée.

Finalement, ce sera au mieux pour 2009, tempère Daniel Benchimol. « Rien n'est arrêté à ce jour. » Un étudiant niçois en sourit, préférant prévenir que guérir : « Mieux vaut qu'on ait le concours et qu'on ne soit pas concernés ! »

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