61e Festival de Cannes
Notre chronique vidéo QUOTIDIENNE !
Le Festival 2008...
Envoyez-nous vos photosLors de la présentation de la sélection officielle de ce 61e Festival de Cannes, Thierry Frémaux et Gilles Jacob avaient parlé de l'ouverture d'« un nouveau cycle ». On n'imaginait pas alors à quel point la nécessité s'en ferait sentir. Tous les « grands habitués » du Festival (Dardenne, Salles, Eastwood, Egoyan) ont déçu. Et Wim Wenders plus qu'aucun autre.
Comment peut-on infliger à son public une purge aussi prétentieuse, pompeuse et factice que Palermo Shooting (dont le titre français Rendez-vous à Palerme dit mieux encore la banalité) quand on est l'auteur acclamé de Paris, Texas (Palme d'or 1984) des Ailes du Désir (prix de la mise en scène 1987) et de Si loin, si proche (Grand prix du jury 1993) ? Où est passé le talent du réalisateur allemand ? Mystère.
Dans Palermo Shooting, on s'efforce de suivre un photographe de mode à la vie "trépidante", dénommé Finn. Il doit photographier Milla Jovovich enceinte, c'est dire si c'est "trépidant". Gagné par la quarantaine, Finn abandonne tout pour se perdre à Palerme, où il est rattrapé par les snipers fantômes de sa mauvaise conscience, qui lui tirent dessus à l'arc de combat.
« À Ingmar et Michelangelo »
La première partie (vie "trépidante") ressemble à une pub Nokia à peine déguisée. La seconde (errance palermitaine chic) a dû être sponsorisée par l'office du tourisme.
L'acteur principal, Campino, chanteur du groupe Toten Hosen, y traîne son physique avantageux et son ennui très ennuyeux, en attendant de rencontrer la belle Giovanna Mezzogiorno, qui le sauvera peut-être des fantômes tueurs en lui plantant dans le coeur une autre sorte de flèche (celle de Cupidon, bien sûr). Le tout est agrémenté de scènes oniriques rappelant vaguement Les Ailes du Désir et d'une bande originale pop toujours furieusement tendance (Portishead, Velvet Underground, Thom, Bonnie Prince Billy, Beirut...).
À la fin, la dédicace à « Ingmar et Michelangelo », a beaucoup fait rire (jaune) les festivaliers. Les malheureux, il est vrai, n'en ont pas souvent eu l'occasion cette année.