61e Festival de Cannes
Notre chronique vidéo QUOTIDIENNE !
Le Festival 2008...
Envoyez-nous vos photosC'est un choc : Mike Tyson, le dévastateur en miettes, le décimeur des rings en pleurs. Le documentaire que James Toback a consacré à l'ancien boxeur (sélectionné dans Un Certain Regard) était l'un des grands coups de poing de ce début de Festival. Rien d'exceptionnel pourtant dans la forme. La caméra est braquée sur le visage de l'ex-terreur des rings. Elle l'épie en macro. Mais le miracle, c'est que Tyson l'oublie. Il se livre. Confession d'un enfant du siècle qui a frôlé les étoiles... et se retrouve, planté là, quelque part dans un centre de désintoxication californien à tenter de comprendre sa chute.
On entre dans le film avec des a priori gros comme un code pénal : Tyson, c'est la brute désespérante qui se prend pour Van Gogh sur le ring de son dernier espoir sportif face à Hollyfield. Ce sont les coups qui pleuvent dans l'intimité d'une vie. Un sale mec ? Une frappe ? Un monstre ? « Je suis devenu vieux trop vite, mais intelligent trop tard », plaide-t-il dans un râle.
La rage pour seul langage
Il nie le viol qui lui valut trois ans de prison, il avoue la drogue, les frasques, la violence. Il confesse toutes ses faiblesses, mais raconte que son seul langage, c'est la force, la brutalité, la rage destructrice... parce que « gamin dans le ghetto de Brooklyn, j'ai cessé d'avoir peur des autres après avoir accepté de me battre. »
On le croit, on ne le croit pas ? Qu'importe. Gros nounours balourdisé et embrumé, ombre de lui-même, Tyson ne veut pas qu'on le plaigne. Ce film il l'a tourné parce que James Toback est un cinéphile fou de boxe, qu'il le connaît depuis vingt ans, qu'il lui fait confiance... et qu'il tenait ainsi l'occasion de « dire sa vérité ». Pas au monde, mais juste apparemment de se l'entendre dire. Pour peut-être aller mieux. Au moins, sortir du trou. Au risque d'avoir honte de sa propre impudeur lorsqu'elle s'affiche sur le grand écran du Festival de Cannes ? Manifestement. Mais ça, il ne l'a mesuré qu'ici, à Cannes, devant le fait magistralement accompli.