Avec Cannes, Guillaume Boronad, le meneur de jeu, espère retrouver la L2, qu'il a connue avec Rouen et Martigues. : Photo Serge Haouzi Il a l'accent chantant du midi. Normal, il est de Perpignan. Guillaume Boronad et l'AS Cannes, c'est une histoire qui aurait dû commencer en août 2004, lorsque, en provenance de Rouen en Ligue 2, il avait signé au club de la Croisette avant que la DNCG ne refuse l'homologation de son contrat.
Son profil et surtout sa prestation lors d'un certain Cannes-Martigues, en février dernier, alors qu'il portait les couleurs provençales, n'avaient pas laissé indifférent malgré la défaite 3-0 de son équipe. Les chemins de Boronad, 29 ans, meneur de jeu à l'ancienne, et de Cannes, devaient se croiser un jour. C'était écrit...
Guillaume, peux-tu retracer ton parcours ?
J'ai commencé à Port-Vendres, près de Collioures, avant de rejoindre Perpignan en moins de 15 ans.
À 17 ans, j'ai fait deux ou trois apparitions comme titulaire dans l'équipe de D2. À 19 ans, je suis parti en CFA à Bordeaux où ma situation fut très compliquée : après une mauvaise première saison, j'ai voulu rester alors que le club souhaitait me prêter. J'ai refusé. J'ai prolongé comme stagiaire II, puis III, mais ça s'est mal terminé. J'ai rejoint Martigues, en D2, puis le club est tombé en National. J'ai ensuite joué à Rouen, en D2, mais, là encore, on est tombé en National. C'était un peu le « bordel ».
Visiblement, tes choix de carrière ont freiné ta progression...
Oui. J'ai toujours joué dans des clubs qui luttaient pour le maintien. Quand j'ai quitté Martigues pour Rouen, j'avais des contacts avec Levante en Espagne et Istres. Un an après, Levante montait en Liga et Istres en L1 !
Une fois, je devais signer à Sedan, mais à cause d'un agent, ça ne s'est pas fait.
Finalement, tu as atterri au Portugal...
Oui, à Penafiel. J'avais un contrat pro de deux ans. Ça m'a permis de connaître le haut niveau. J'ai disputé une quinzaine de matches, dont six ou sept comme titulaire dans des ambiances inoubliables, au Sporting et aussi contre Benfica et Porto.
Pourquoi être parti au bout d'un an alors ?
Le problème, à Penafiel, c'est que je jouais n° 6. Je n'ai jamais vraiment pu m'exprimer. Après une saison, j'ai demandé à partir mais les dirigeants m'ont retenu six mois, avant de me libérer. J'ai rejoint Patrice Eyraud, que je connais bien, à Martigues, en National, en janvier 2007. On s'est maintenu à la dernière journée mais la saison suivante fut encore galère, avec une descente au bout.
Placé sur le côté droit à Cannes, on te voit souvent repiquer dans l'axe avec ton pied gauche...
Je ne suis pas un joueur de débordement. Je suis milieu offensif, plutôt axial. J'aime bien jouer dans l'entre-jeu, même si ça ne me déplaît pas d'être sur le côté.
Toi qui connais bien le National, comment juges-tu l'effectif de Cannes ?
On a un effectif pour aller au-dessus. Maintenant, il faudra être régulier.
On avait beaucoup parlé de l'importance du premier match. Ne crains-tu pas que l'équipe se relâche après cette victoire face à Libourne ?
Avec Richard (Bettoni), y a pas de risque ! On peut faire beaucoup mieux. A 11 contre 10 à l'heure de jeu, on doit mieux tenir le ballon. Et on n'a pas maîtrisé la fin de match.
Ton penalty manqué face aux Girondins ?
La veille, on s'est entraîné à tirer des penos, et j'ai dit tout haut que je n'en avais jamais raté en match officiel. J'aurais mieux fait de me taire. Vous me dites que je l'ai quand même bien tiré, mais pour moi, un penalty bien tiré, c'est quand il est dedans !
La venue d'Istres, demain (vendredi) ?
Je pense que cette équipe est d'un calibre supérieur à Libourne. Ce sera plus dur, surtout plus physique. C'est une équipe peut-être moins portée vers l'avant mais plus appliquée, plus tactique. Je connais quelques joueurs comme Di Lauro, avec qui j'ai évolué à Martigues, Kehiha et Dumolin.
Anthony BOYER
Cannes-Istres, vendredi 8 août (20 h) à Coubertin