60 000 euros ont été dépensés en 2007 pour débarrasser les communes de Cannes, Mandelieu, Le Cannet, Vallauris, Valbonne et Théoule, des véhicules abandonnés sur la voie publique. : Photo A. B.-J. C'est devenu la solution à la mode... Pour bazarder son ancienne voiture, plus la peine de s'embarrasser avec des formalités. Un bel emplacement pour un dernier adieu et l'affaire est entendue ! Exit la casse et ses 50 à 120e facturés. Abandonner son épave dans la rue, c'est moins contraignant et en plus c'est gratuit.
60 000 euros aux frais des municipalités
Un problème, tout de même : la méthode est illégale selon l'article R635-8 du Code pénal. Et le montant de l'amende prévue pour cette infraction est salé : 1 500 e, correspondant à une contravention de 5e classe. Une mesure qui devrait être dissuasive... mais encore, faudrait-il l'appliquer. Car, dans les faits, les poursuites contre les auteurs de ces abandons sont rarement menées à terme dans le bassin cannois. Faute de temps et de moyens pour identifier les propriétaires de ces véhicules, souvent vendus et revendus, sans en informer la préfecture. Résultat : ce sont les communes qui paient l'addiction... 91,50 e pour chaque épave enlevée par la société Emmkat au-delà des 550 prévues dans le cadre de sa délégation de service publique de fourrière intercommunale. Ainsi, sur les 1 214 enlèvements de voitures abandonnées en 2007 à Cannes, Mandelieu, Le Cannet, Vallauris, Valbonne ou Théoule, 664 ont été pris en charge par ces six communes ayant pour prestataire la société Emmkat. Soit une dépense de plus de 60 000e, répartie selon les lieux d'intervention. Et qui pourrait encore augmenter cette année. D'où cette volonté affichée par les municipalités du bassin cannois de fermer les vannes au plus vite.
On va faire des exemples
Lors d'une réunion du Syndicat de gestion d'une fourrière intercommunale (SGFI), il a été décidé d'en finir avec le laxisme. « On va faire des exemples, résume André Mayet, président du SGFI. « Pour faire face à cet incivisme, nous allons demander à nos services de police et de gendarmerie de mener quelques procédures judiciaires jusqu'à leur terme. Retrouver les propriétaires des véhicules abandonnés n'est pas impossible. C'est une question de temps et d'investissement. Et, désormais, les forces de l'ordre l'auront. »
Avec cette épée de Damoclès à 1 500 e, hors frais de gardiennage et de justice, les communes espèrent enfin sensibiliser les habitants : « Nous ne voulons pas punir pour punir, explique André Mayet. Il faut que les gens soient plus responsables. On parle d'environnement, de développement durable... La première chose serait déjà de ne pas abandonner sa voiture en pleine rue ! »