L'accès à la zone réglementée se fait dorénavant par un poste de contrôle qui empêche les membres d'aéro-clubs et pilotes privés d'accéder directement à leurs hangars. : Stéphane Goasguen
« Nous en avons marre », clame Bernard Marx, président de l'Union des aéro-clubs de la Côte d'Azur. Marre « de ne pas être pris en considération ». Marre de se « heurter à un mur » et bientôt marre de faire 1,6 km à pieds (aller-retour) pour rejoindre leurs hangars à avions. En tout, environ un millier de personnes est concerné par ces « petits tracas ».
Explications.
En mars dernier, un audit national a pointé certains manquements en matière de sécurité sur l'aéroport. Notamment un nombre d'accès en zone réglementée beaucoup trop important. Avec 120 points de passage, c'est presque un euphémisme.
« Nous allons en conserver une dizaine », annonce Claude Sabonadière, délégué à Cannes de l'aviation civile, qui rappelle au passage l'épisode du détournement d'un hélicoptère le 14 juillet 2007 pour faire évader un détenu de la prison de Grasse. Selon lui, l'audit de mars, a relevé « une soixantaine de points d'écart à la sécurité et les mesures correctives auraient déjà dû être prises depuis plusieurs mois. »
Sûreté oui, mesures excessives non
En écho, les clubs crient « stop à la psychose ». Conscients d'être sur un terrain délicat, les pilotes amateurs souhaitent néanmoins que leur « spécificité soit prise en compte », comme le permet la réglementation européenne. « Quand ils parlent de manque de concertation, je pense qu'ils veulent dire qu'ils n'ont pas obtenu gain de cause », rétorque Claude Sabonadière. « Je les comprends mais ne peux leur donner raison. Il s'agit de mesures obligatoires. »
Présent à Cannes-Mandelieu depuis 14 ans et titulaire de son brevet depuis le double, Régis Ferracci est un pilote amateur « surpris de la manière » et « inquiet de l'avenir de la petite aviation. » Il a vu évoluer la plateforme, il est conscient « du sens de l'histoire » mais craint que les aéro-clubs soient « sacrifiés. » C'est pour cela qu'il se rendra le 1er mars à la manifestation organisée devant l'aéroport. « Les associations permettent d'assouvir une passion à coût réduit. Nous avons envie de pouvoir continuer, d'autant que Cannes-Mandelieu est le seul aérodrome du département pour la petite aviation. »
Pour le rassurer, Claude Sabonadière annonce des mesures d'accompagnement. « Le gestionnaire su site [la CCI NDLR], envisage de mettre à disposition des voiturettes dans la zone réglementée. Je n'y suis pas opposé à condition qu'elles soient captives pour éviter les contrôles à répétition. »