La famille Martin au grand complet au milieu de ses meubles et ses affaires. Des travaux ont été commencés cet été et dans les 50 m2 du deux-pièces, la place manque pour dormir et le chantier n'avance pas. : Photo A. B.-J. Il y a de quoi sourire en écoutant les mésaventures de la famille Martin, un couple salarié de la copropriété Estérel Croix-des-Gardes à La Bocca. La mère, employée d'immeuble, le père, gardien, et leurs deux filles vivent depuis plusieurs mois dans un appartement de fonction de deux pièces dont il ne reste pas un mètre carré pour poser une chaise. « Le syndic devait faire des travaux cet été pendant nos vacances. On a rassemblé tous nos meubles et nos affaires en vrac dans le séjour pour faire de la place aux ouvriers. En fait, les travaux ont commencé le jour de notre retour. Pendant une semaine on n'a pas eu de sanitaires et, depuis, les entreprises se désistent et les travaux n'avancent pas. Aujourd'hui, la salle de bain est terminée mais la chambre des filles est en chantier, les fils électriques traînent par terre. On en a marre et le syndic se moque de moi ! »
Il est vrai que Bernadette Martin a le verbe haut et qu'elle aime à se faire entendre. Pour elle, un raccord de carrelage, ça doit être parfait. D'ailleurs son mari sait très bien les faire. Il a fini la salle de bain et l'entreprise a déclaré forfait. C'est ainsi. « On ne me la fait pas à moi », se défend-elle.
Mais où dort la famille ?
Dans ce capharnaüm de 50 m2 où les odeurs de peinture se mélangent à celles de la cuisine, il est presque impossible de circuler. Et on ne voit pas un lit, pas un canapé. Où donc dort la famille ? « On va chez des amis. On tourne avec trois points de chute pour ne pas trop déranger. Parce qu'on arrive quand même tous les quatre avec nos matelas gonflables ! », raconte en riant Léa, 13 ans. L'histoire l'amusait un peu au début, mais plus maintenant. « J'ai horreur d'aller à la cave le matin pour chercher mes habits. C'est tout humide. » Sa petite soeur, à 8 ans, s'accommode de tout mais elle aimerait bien retrouver son lit avec ses doudous bien rangés.
Le syndic a prévenu de sa visite, ce soir jeudi, avec les entreprises, pour régler les problèmes. C'est la première fois qu'il viendra sur place : « Oui, c'est vrai qu'il y a eu des retards, mais il y a des surcoûts qui devaient être validés par la copropriété. Si tout le monde y met du sien, ça ira. On essaiera de finir tout pour Noël »
P. V.