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Nice-Matin
Actualité Cannes
mercredi 08 avril 2009

Carnot : l'envers du décors

 l'Anonyme : 700 mètres carrés dédiés aux plaisirs de la chair. Le rendez-vous des libertins.  :  Photo archive A. B.-J. l'Anonyme : 700 mètres carrés dédiés aux plaisirs de la chair. Le rendez-vous des libertins. : Photo archive A. B.-J.

Force de l'emprunter tous les jours... on pensait l'avoir apprivoisé. Le boulevard Carnot, plus vraiment un secret pour une personne véhiculée à Cannes. Les façades, les commerces, les rues annexes... on connaît. Du moins, on croyait connaître.

Car, en flânant un peu sur cette artère fréquentée par quelque 50 000 voitures par jours, on peut découvrir, redécouvrir, bien des choses. Cette architecture hors-norme, notamment. Emblème de l'urbanisme haussmannien et du néoclassicisme. Mais aussi, quelques curiosités. Un immeuble en forme de V. Des oliviers dans un petit square improvisé. Et puis des choses inédites. Insoupçonnées. Petite virée dans les insolites de Carnot.

Pierre Comet

L'Anonyme : Palais des fantasmes sous le boulevard

Pour vivre heureux, vivons cachés... L'adage n'a certainement pas été inventé pour les adeptes du libertinage. Mais, une chose est sûre : il leur convient à merveille. Pour s'adonner à leurs pratiques sexuelles, disons ouvertes... rester discret, voilà la condition pour s'éclater.

Et à Cannes, ils ont leur adresse : l'Anonyme. Un club privé chaud, très chaud, qui a été créé, il y a deux ans et demi, en plein coeur du boulevard Carnot. Juste en dessous de l'Etap Hôtel. Là-bas, confidentialité assurée. D'ailleurs, l'enseigne est presque invisible pour un badaud non initié. Juste une petite sonnette sur la façade du parking Mozart. Et une porte dérobée dans les escaliers.

Les riverains du boulevard ne se doutent donc pas de ce qui se déroule sous leurs pieds. Dans un décor soigné, l'Anonyme s'étend sur plus de 700 m2 dédiés entièrement aux fantasmes et aux plaisirs de la chair. Tout se passe entre adultes consentants. Avec, évidemment, tous les accessoires pour s'adonner à ses envies : cages, hammam, croix, menottes, miroir sans teint, salle SM... Et, bien sûr, des seaux de préservatifs. « Ici, c'est rare que nos clients viennent uniquement pour boire un verre », s'amuse le responsable du club.

Pour rentrer dans l'établissement, il faut être parfaitement apprêté. Pantalon interdit pour les filles.

Qui a dit que le bd Carnot se résumait à un couloir de bagnoles ?

P. C.

Poupette : le doyen français des boutiques pour enfants

Sur le boulevard d'Alsace, près de Carnot, cette boutique passerait presque inaperçue. Une simple façade grise, juste en face de la gare. Avec ce nom sans prétention : Poupette.

Mais derrière ce mot se cache l'un des magasins les plus anciens de Cannes. Mieux, la plus vieille boutique pour bébés de France.

Créée en 1930, Poupette est une institution dans l'univers des vêtements pour enfants. « Nous sommes connus dans des dizaines de pays, explique Danièle Audibert, membre de la famille qui a fondé la boutique. C'est vrai que nous n'avons pas un très bel emplacement mais nous vendons dans le monde entier. Nous fonctionnons sur un marché très haut de gamme. »

Et en franchissant les portes, on découvre en effet un magasin haut en couleurs. Avec des lustres au plafond. De superbes jouets en bois. Quant aux produits, c'est le satisfecit maison : « tous sont réalisés à la main dans nos usines monégasques, explique Danièle. Le linge est brodé là-bas. Dans notre boutique, il n'y a pas un seul article importé. »P. C.

Eva : « Tout le monde peut devenir voyant »

Dans le monde mystique de la voyance, Eva n'a certainement pas que des amis... À deux pas du boulevard Carnot, chemin de Merville, cette femme d'une quarantaine d'années envoie valser les prétendues capacités de ses confrères. Pour elle, lire dans l'avenir, ce n'est pas un don - on s'en doutait un peu -. Au contraire, ça peut s'apprendre. « Tout le monde peut développer des facultés, lance Eva. Il suffit simplement de savoir écouter la petite voix qui murmure en nous. » Et, forcément, l'experte du quartier se propose de nous aider à maîtriser cette capacité en sommeil. La dame revendique, en effet, une improbable profession : enseignante d'astrologie, de tarologie et de reiki. « Mais attention, prévient-elle, devenir voyant, ça ne se fait pas en quelques jours. Pour le tarot de Marseille, par exemple, la formation dure de six à sept mois. À raison d'un cours par semaine. » Et la dame ne rigole pas. Pour assimiler tous les concepts, Eva impose des devoirs à la maison, après les séances de cours qu'elle donne chez elle. « Je suis une enquiquineuse », plaisante-t-elle.

Devenir voyant, ça se mérite donc. Mieux, ça s'achète... Car cette formation pas banale coûte tout de même 930 euros. « Mais après les sept mois de cours, on peut en faire son métier », se défend Eva.

De là, à l'intégrer dans un listing de cursus scolaires....

Villa Gallicia : chantier abandonné cherche trésorerie désespérément

Comme si le temps s'était arrêté rue des Phalènes. Dans la petite perpendiculaire du boulevard Carnot, rien n'a bougé depuis des mois sur le chantier de la villa Gallicia. Les deux escaliers en béton sont toujours là... couchés au sol. La grue est immobile, inhabitée. Et la barrière délimitant les travaux n'a pas reculé d'un pouce ; empêchant toujours la circulation à double sens.

Officiellement, sur la façade de ce futur immeuble, les « travaux sont momentanément suspendus pendant la période de sécurisation de la ligne EDF. » Seulement dans le quartier, personne n'est dupe. « ça me paraît bizarre, lance une riveraine. Comme par hasard, l'arrêt du chantier coïncide avec le début de la crise. À mon avis, il doit y avoir un problème financier. » Et la dame a effectivement vu juste. Le promoteur a bel et bien des soucis avec sa trésorerie. Du coup, l'entreprise de maçonnerie Francobat de Menton, chargée de réaliser la villa, a déserté les lieux. Amère. « Nos employés n'ont plus été payés depuis le mois d'août, explique la direction. Le promoteur n'a de cesse de nous dire qu'il va avoir l'argent et que nous allons pouvoir retravailler. Mais on attend toujours. Aujourd'hui, il faut être réaliste, l'histoire s'arrête là. Sur demande de la mairie, on va donc retirer la grue et enlever les barrières. »

La rue des Phalènes devrait donc prochainement retrouver son double sens. Pour ne plus conserver... qu'une jolie verrue !

P. C.

P. C.
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