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Nice-Matin
Actualité Alpes-Maritimes
mercredi 25 novembre 2009

Le maire de Beausoleil, un patron du BTP et des truands arrêtés hier

 Interpellé au petit matin, Gérard Spinelli, le maire de Beausoleil, a été ensuite conduit par les enquêteurs dans son bureau de l'hôtel de ville (ci-dessus) pour une première perquisition  :  Photo Patrice Lapoirie Interpellé au petit matin, Gérard Spinelli, le maire de Beausoleil, a été ensuite conduit par les enquêteurs dans son bureau de l'hôtel de ville (ci-dessus) pour une première perquisition : Photo Patrice Lapoirie

De Menton à Beausoleil en passant par Roquebrune ou encore La Turbie, une cinquantaine d'enquêteurs niçois et marseillais de la police judiciaire et des groupes d'intervention régionaux étaient mobilisés dès 6 heures du matin, hier, pour procéder à un incroyable coup de filet.

De Menton à Beausoleil en passant par Roquebrune ou encore La Turbie, une cinquantaine d'enquêteurs niçois et marseillais de la police judiciaire et des groupes d'intervention régionaux étaient mobilisés dès 6 heures du matin, hier, pour procéder à un incroyable coup de filet.

 

L'élu, le patron et le mafioso

Au terme d'une opération minutée, une quinzaine de personnes ont été interpellées, et pour la plupart conduites à la caserne Auvare. De quoi provoquer un véritable séisme, notamment à Beausoleil, où le maire divers droite, Gérard Spinelli a été cueilli au saut du lit. Sans menottes, mais néanmoins immédiatement placé en garde à vue, le premier magistrat de la ville a été « escorté » jusqu'à la mairie pour assister à la perquisition de son bureau, ainsi que des services de l'urbanisme.

Un peu plus tôt dans la matinée, alors que le jour ne s'était pas encore levé sur le Cap Martin, c'est dans la sublime propriété de la famille Grundig que le gros des forces de police était passé à l'action : la cible était, cette fois, un autre notable de la région. L'un des plus gros entrepreneurs de BTP, Lino Alberti, 64 ans, tout comme à La Turbie, son directeur général, Maxime Cassan et son épouse, étaient à leur tour arrêtés. Sans ménagement encore.

Logés en fait à la même enseigne que les voyous. À quelques pas de là, en effet, c'est dans le petit appartement d'un ressortissant italien, qu'une autre équipe du GIR intervenait, toujours à la même heure. Équipés de gilets pare-balles cette fois, et accompagnés d'un chien antidrogue, les policiers refermaient leur piège sur Giovanni Tagliamento.

Plus rien à voir avec les notables de l'est des Alpes-Maritimes. Ancienne figure de la camorra napolitaine, Tagliamento alias « petite araignée » a déjà défrayé la chronique judiciaire. C'était à la fin des années 80, dans l'affaire du casino de Menton (voir par ailleurs). Et ce n'est pas tout. Certes, loin de la Côte, mais dans le cadre de la même instruction judiciaire ouverte en juin 2009 par le juge Duchaine à Marseille, c'est une figure emblématique du milieu qui est également tombé dans les mailles de ce vaste filet. Roger Mouret, fiché au grand banditisme malgré un casier judiciaire presque vierge, est considéré comme une figure de premier plan du gang des « Italo-Grenoblois », réputé proche de Michel Luisi qui tomba sous les balles de tueurs à gages devant l'Iguane Café sur le port de Nice (voir par ailleurs).

Une question de « porosité » ?

Drôle de mélange des genres. Quels liens occultes peuvent bien unir un élu, un grand patron, et deux présumés « affranchis » ?

Gérard Spinelli, par la voix de son avocat hurlait à « la cabale politique ». Me Gérard Baudoux, conseil de Lino Alberti, faisait remarquer qu'il était « bien tôt pour tirer la moindre conclusion. »

La question ne trouvait d'ailleurs guère plus de réponse du côté du Parquet de Marseille. Rien de bien précis ne filtrait quant au fond du dossier, sauf que ce gigantesque dispositif policier aurait été motivé par des suspicions de délits financiers.

L'information judiciaire concernerait tout à la fois des faits présumés de « corruption », « d'abus de biens sociaux » et « de blanchiment ».

Mais nul n'entendait le confirmer. Le secret le plus absolu était hier gardé sur les raisons de séisme juridico-politique.

« S'il fallait penser à un substantif pour ce dossier, ce serait « porosité », se contentait, hier, de déclarer mystérieusement le procureur adjoint, Michel Raffin.

Reste que l'affaire n'en est qu'à ses prémices. Elle pourrait connaître d'autres rebondissements dans les prochains jours.

Dossier réalisé par Guillaume Bertolino, Didier Chalumeau, Éric Galliano et Jean-François Roubaud.

Reportage photos de Patrice Lapoirie, Olivier Poisson, Serge Haouzi et Cyril Dodergny.

 

Retrouvez la suite de notre dossier dans votre Nice-Matin de ce mercredi ou directement sur votre journal en ligne

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