Catherine Vilgiquel, la victime, sur une photo prise en 2000. Elle vivait au village de petits ménages chez les particuliers. La villa du couple, dans le quartier de Bérins. Une demeure aux extérieurs en friche, mais plutôt bien tenue à l'intérieur. : Photo Repro N.M et photos Marc Mehran C'est un drame familial qui s'est noué avant-hier, dans la soirée, dans une villa des hauteurs de Sospel, quartier de Bérins. Une maison de bonne taille, mais aux extérieurs en friche. Quand les sapeurs-pompiers sont arrivés sur place, alertés par son compagnon, la victime gisait dans son sang, selon des témoins. Poignardée à plusieurs reprises. Le corps était allongé entre une cuisine et une salle à manger au style vieillot mais plutôt bien tenues. Catherine Vilgiquel, 52 ans, est décédée quelques minutes plus tard.
Son compagnon, Gérard Lecocq, 65 ans, tenait des propos incohérents, visiblement dus à une forte consommation d'alcool. Il a immédiatement été emmené par les hommes de la compagnie de gendarmerie de Menton-Sospel. Que s'est-il vraiment passé dans ce huis clos familial ? Hier soir, la gendarmerie se refusait à tout commentaire, précisant simplement que l'homme niait être l'auteur des coups de couteau. Selon lui, ce serait donc sa concubine qui, dans un geste de folie, se serait poignardée seule.
Une autopsie dans la semaine
Dans le voisinage, on connaît ce couple pas tout à fait marginal, mais vivant isolé. Gérard Lecocq, parisien d'origine, vit à Sospel de petits boulots. Cet homme de grande stature y réside depuis de longues années déjà. « On n'entendait pas particulièrement parler d'eux, témoigne le maire, Jean-Mario Lorenzi. Le couple fréquentait régulièrement les bars du village, se chamaillait de temps en temps. Il a bien dû arriver plusieurs fois où les pompiers ou les gendarmes sont intervenus, mais c'est tout. Lui lavait les carreaux des magasins. » La victime, Catherine Vilgiquel, était venue de sa Bretagne natale pour s'installer à Sospel. Elle a travaillé quelque temps dans une épicerie du village et vivait plus récemment de ménages chez les particuliers. « Un petit bout de femme d'une cinquantaine de kilos, assez frêle, douce », commente l'un de ses amis, sous le choc. « Elle s'était mise avec lui après un premier mariage. » Selon un voisin du couple, les disputes étaient fréquentes dans la villa. « Ca criait régulièrement, il leur arrivait de se battre. Mais ça restait toujours entre eux. A part ça, ils ne nous posaient pas de problèmes. »
Dans les bars où ils claquaient régulièrement leurs maigres économies, c'était hier la consternation. « J'étais au bar avec lui le soir juste avant le drame, témoigne un homme. On avait tous consommé de l'alcool. Je n'aurais jamais imaginé ça. »
L'autopsie, qui devrait avoir lieu dans la semaine permettra de déterminer si les coups de couteau ont pu être portés par la victime elle-même, ou s'ils ont été donnés par une autre personne.
La brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Menton est chargée de l'enquête. L'homme, qui était hier soir toujours en garde à vue, devrait être présenté au parquet dans la journée.
avec J.-P. Domerego