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Nice-Matin
Actualité Alpes-Maritimes
mardi 22 avril 2008

Nice - Leclerc veut vendre des médicaments : les pharmaciens azuréens contre-attaquent

 Jean-Marie Soyer, président de la chambre syndicale des pharmaciens des Alpes-Maritimes, défend le service de proximité.  :  Photo Philippe Bertini Jean-Marie Soyer, président de la chambre syndicale des pharmaciens des Alpes-Maritimes, défend le service de proximité. : Photo Philippe Bertini

Après le monopole des compagnies pétrolières, le responsable de la chaîne des hypermarchés Leclerc veut donc remettre en cause celui des pharmacies, en vendant « 25 % moins chers » dans ses magasins les médicaments dits « à prescription facultative ».

Dans les Alpes-Maritimes, la Chambre syndicale des pharmaciens (466 officines dans le département) tiendra ce mardi soir à 20 h 30 à Nice (1) une assemblée générale extraordinaire pour mettre au point une stratégie contre cette offensive de la grande distribution.

Des produits à prescription facultative

Le gouvernement a, en effet, annoncé en mars son intention d'autoriser, dès le deuxième trimestre, la vente en libre-service dans les pharmacies, de quelque 200 médicaments à prescription facultative.

Brandissant l'argument de l'amélioration du pouvoir d'achat, Michel-Edouard Leclerc entend donc obtenir le droit de vendre ces produits, comme il le fait déjà dans ses magasins installés en Italie, où ce secteur s'est libéralisé en 2006.

Face à ces considérations économiques, les pharmaciens d'officine ripostent sur le thème de la santé publique et de la sécurité sanitaire. Ils viennent de remporter une bataille devant le tribunal de grande instance de Colmar (Haut-Rhin), en obtenant hier l'interdiction de la publicité qui tourne depuis dix jours sur les télévisions françaises présentant les médicaments comme des bijoux de luxe.

« Non M. L., se soigner en France ne sera jamais un luxe », rétorque dans une campagne lancée le 15 avril l'ensemble de la profession pharmaceutique, y compris les distributeurs répartiteurs.

Et en présentant dans leurs rayons de l'huile de table, de la farine ou de la « Vache qui rit », les pharmaciens de l'Hérault ont montré la semaine dernière leur désapprobation à leur façon : « A chacun son métier, et la santé des Français sera sauvegardée ».

« Nous assurons un service de proximité »

« Pour le moment, Michel-Edouard Leclerc n'a pas le droit de vendre des médicaments », explique Jean-Marie Soyer (Nice), président de la Chambre syndicale des pharmaciens des Alpes-Maritimes. « Mais s'il y parvient, ce sera un coup dur pour nous. Cela peut bien sûr contribuer à déstabiliser un système bien en place, et cela affectera toute l'économie de nos officines, alors que nos marges diminuent déjà d'année en année... »

« Et puis rien ne remplacera le contact que nous avons avec les patients, les conseils que nous pouvons leur apporter. Nous assurons un service de proximité, nous avons un historique de nos patients, et même sur des produits qui paraissent anodins comme l'aspirine, il existe des contre-indications, des incompatibilités avec certains traitements qu'il vaut mieux connaître... »

1. Assemblée générale extraordinaire du syndicat des pharmaciens des Alpes-Maritimes. Ce soir à 20 h 30 au « Servotel », 1976, Route de Grenoble. Nice-Castagniers.

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