Faut-il dire, comme les communistes (voir ci-dessous) que c'est « une élection anti-démocratique » ? Plus généralement que « c'est un scrutin de notables » ? Le débat reste ouvert.
Disons que, pour l'immense majorité de la population, les élections sénatoriales demeurent une consultation opaque, d'où elle est exclue, pour élire au sénat de vieux messieurs se déplaçant au train, lent, de sénateur ?
Vrai et faux à la fois.
Faux, tout d'abord parce que les messieurs devront, le 21 septembre prochain, partager les fauteuils avec les dames, parité stricte oblige, et parce que les candidat(e)s pressenti(e)s ont considérablement rajeuni.
Vrai, cependant, parce que le mode de désignation des sénateurs manque pour le moins de spontanéité démocratique.
Explications...
- Le nombre. Dans les Alpes-Maritimes, le nombre de sénateurs passe de quatre (José Balarello, Charles Ginésy, Pierre Laffitte, Jacques Peyrat) à cinq.
- Le scrutin. L'élection ne sera plus individuelle, mais de liste, à la proportionnelle intégrale à un tour, avec attribution du dernier nom à la plus forte moyenne.
- Les listes. Elles doivent compter obligatoirement 7 noms (5 titulaires et 2 suppléants), présentés selon le principe dit du mille-feuilles, un homme/une femme ou inversement. Panachage, listes incomplètes, déposées hors délais (du 1er au 12 septembre)... interdits.
- La composition du corps électoral. 1815 personnes seront appelées aux urnes de 9 à 15 heures, le dimanche 21 septembre. Le corps électoral est composé des députés, des conseillers régionaux et généraux, des délégués des conseils municipaux. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, le nombre de délégués est fonction du nombre de conseillers municipaux. Dans les communes de plus de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont délégués.
Dans les communes de plus de 30 000 habitants, les conseillers municipaux élisent également des délégués supplémentaires à raison de 1 pour 1 000 habitants, en sus de 30 000.
Les délégués supplémentaires sont proposés par les élus eux-mêmes... Des « gens sûrs » en somme ! Une seule condition : ils doivent être électeurs sur la commune.
La couleur du corps électoral. Les grands électeurs sont, et c'est incontestable, majoritairement de droite. Ils sont identifiables : 1 188 UMP, 250 centristes (Nouveau Centre et MoDem) et divers droite, 3 FN, 130 PS, 85 PC, 54 Verts. Si l'on considère qu'il faut 363 voix pour élire un sénateur, on mesure l'ampleur de la tâche pour la gauche, même si la proportionnelle lui ouvre bien une porte. À condition de ne pas se disperser.
Les forces en présence. Les communistes ont été les premiers à présenter leur liste, hier (voir ci-dessous). Les socialistes vont suivre. Deux listes à gauche, donc.
Et à droite ? C'est la bouteille à l'encre. A priori, il y aura deux listes aussi, l'une conduite par le sénateur Laffitte. Avec qui ? Le secret est bien gardé même si l'on peut penser que la N° 2 sera une élue de la mouvance radicale.
L'autre sera la liste UMP. Mais à quatre jours de sa présentation officielle - ce sera samedi 30 août à Auron par Christian Estrosi - rien n'est acquis. Ni pour la tête de liste, ni pour les suivants et suivantes. Le clair-obscur est encore de mise au supermarché de la représentativité.
Quant à Jacques Peyrat, s'il avait manifesté le désir de « monter » une liste, il n'a plus véritablement cherché à le faire savoir, tout comme René Vestri, conseiller général maire de Saint-Jean-Cap Ferrat.