
Le triangle amoureux formé par les musiciens Clara et Robert Schumann et Johannes Brahms, l'une des histoires les plus célèbres du romantisme allemand.
Les tempéraments artistes peuvent vraiment trouver de l'intérêt à cette histoire bien filmée, mais au traitement empesé comme rarement, au point que la musique est la seule à quoi se raccrocher... Dialogues en français souvent inaudible au lieu d'une bonne version allemande avec sous-titres... Entêtement à montrer Robert dans l'ombre de son épouse et trop souvent le jeune (et beau) Brahms inhibé, excepté les plans ou il occupe enfin et longuement tout l'écran, très touchant. Remarquable aussi l'impact féminin comme chef d'orchestre ou pianiste, une petite révolution ! Cette Clara (impressionnante Martina Gedeck) ambitieuse, généreuse, scotche le spectateur, beaucoup plus que son époux, ici dans sa phase la plus corrosive. Nombreuses scènes avec les enfants, mais qui nourrissent peu l'intrigue... La réalisatrice, archi-documentée pourtant, s'est empêtrée à imaginer en situation ces trois monstres sacrés, et ce bien qu'il y ait quelques fulgurances dans le puzzle, cette vieille cuisinière très émotive par exemple... Les musiciens, les pianistes notamment, les mélomanes, rentreront tout naturellement dans cette fusion des sensibilités, y débusqueront la profondeur qui fascina ces trois êtres (d'autant qu'il y a d'excellentes pièces musicales), mais le grand public, sauf exception, risque de s'ennuyer ferme, hélas.
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